Patrimoine de Masseube
La Bastide
« Elle se reconnaît grâce à son plan orthogonal, deux grands axes nord-sud et est-ouest se coupant au niveau de la Maison Commune et des rues secondaires parallèles à ces deux axes.
Au centre se trouve la place de la mairie occupée par une vaste halle surmontée par la mairie. A l’est, subsistent des couverts qui autrefois bordaient la place ».
La Mairie
« La Maison Commune primitive a vraisemblablement été installée sur les trois rangées de piliers, en bois à l’origine, côté Est de la place. Avant 1536, aucune archive concernant le bâtiment n’est connue. A cette date, le siège de la Justice d’Astarac est transporté à Masseube et l’on installe une grande salle d’audiences pour le Parquet (actuel secrétariat de Mairie), des prisons, un logement pour le geôlier. Cet agrandissement nécessite la construction de deux rangées de piliers supplémentaires, vers l’ouest de la place. Tous les travaux prévus ne sont manifestement pas réalisés à cette époque et il s’en suit une longue période d’abandon jusqu’en 1834, où une rénovation du bâtiment est enfin effectuée. Les piliers en bois sont englobés ou remplacés par des piliers bâtis en pierre au cours du XIX°siècle.
Aujourd’hui, le nouvel aménagement permet de voir, à l’entrée du secrétariat de mairie, le colombage évidé de l’ancien mur extérieur de la Maison Commune primitive. La grande porte en bois, à droite, sur le palier supérieur de l’escalier, donne sur l’ancien logement du geôlier et les deux cachots. »
D’après René Caïrou
L’église St-Christophe
En 1983, on a célébré le centenaire de l’église St-Christophe. L’édifice précédent avait été bâti en 1700 en remplacement de l’église originelle (fin du XIII°siècle).
Le délabrement avancé de la seconde église impose sa démolition à l’exception du clocher et la partie basse de la façade ouest, et la conception de l’église actuelle dans le style du XIII°siècle.
On doit son nouveau plan à l’architecte Francou. L’ensemble est soutenu par de solides contreforts. La tour du clocher bâtie en grand appareil présente trois fenêtres trilobées ogivales. A la partie supérieure, elle est munie de fenêtres ogivales modernes, deux sur chaque face sauf au midi où il n’y en a qu’une. Une flèche octogonale couronne l’ensemble en ardoise. A l’ouest, le portail gothique archivolté en forme de gorge décorée de fleurons, présente trois superbes arcs toriques reposant sur chapiteau à crosses végétales.
Au centre du tympan, on peut voir un trèfle à lobes arrondis.
Au midi, grand portail en encorbellement avec linteau droit dominé par un tympan gothique avec trèfle lancéolé au centre.
A l’intérieur, l’église a trois nefs abritées sous des voûtes en croisée d’ogives dont les arcs partent de chapiteaux et aboutissent à une clé centrale.
Grande nef : a l’ouest, au-dessus de la porte intérieure, la galerie est dominée par un grand arc gothique. La tribune éclairée par un superbe oculus porte les orgues. Cette nef a quatre travées déterminée par trois piliers cylindriques à base attique et chapiteaux sculptés. Tout autour de la nef et du chœur, des médaillons peints représentent les apôtres, les évangélistes et les patriarches.
Huit fenêtres gothiques, quatre au nord, quatre au midi éclairent l’ensemble.
Bas-côté nord. La quatrième travée sert de chapelle de St-Joseph. Le vitrail qui l’éclaire représente la mort de St-Joseph. Le mur de l’autel est peint (Lasséran).
Bas-côté sud. Chapelle dédiée à la Vierge éclairée par un vitrail figurant St-Dominique recevant le rosaire de la Vierge. Le mur de l’autel est peint (Lasséran).
Le chevet plat s’abrite sous une voûte en croisée d’ogives dont l’arc triomphal et les nervures reposent sur un chapiteau ouvragé. Tout le chevet est peint jusqu’à la voûte semée d’étoiles. Belles stalles à droite et à gauche.
L’autel en pierre de Poitiers présente des bas-reliefs des évangélistes et du Sauveur au centre.
L’ensemble est éclairé par de magnifiques verrières gothiques que domine une rose à six pétales circulaires, offerte par Jules Sabin Corties, maire de Masseube au moment de l’édification de l’église.
Sur le vitrail de gauche, St-Christophe porte le Sauveur sur ses épaules (on le prie pour les enfants atteints de cristailles), à droite, St-Aubin patron secondaire de l’église.
Les vitraux posés en 1883 ont été exécutés par un maître verrier de Clermont-Ferrand (F. Gaudin). Les vitraux du chœur sont offerts par le Comte Gontaut, celui de la chapelle de droite par l’Abbé Sancet, missionnaire diocésain.
Les peintures ont été réalisées en 1932-1933 pour le cinquantenaire de l’église par Paul Lasséran, peintre de Lectoure relayé par Lecoq, peintre mirandais après la disparition du premier. Elles ont été inaugurées en 1933.
Les orgues. En 1937, le chanoine Duclos découvre dans les greniers du presbytère un ensemble de bureaux d’orgues, de soufflets, de sommier et un clavier. Cet orgue démonté n’était autre que l’orgue de l’ancienne église retiré en 1883 lors de la réfection et la restauration de l’église.
Cet orgue avait été construit par Feuga en 1856. Restauré par Maurice Puget, l’orgue passa de cinq à onze jeux. Grâce à une souscription paroissiale due au chanoine Duclos.
L’inauguration a lieu en 1938. C’est le chanoine Danos, organiste à Lourdes qui aura l’honneur d’inaugurer ce nouvel instrument. Une plaque en bronze a été apposée : « Cet orgue a été restauré en 1938 par souscription paroissiale et sur l’initiative de M. le Chanoine Duclos, curé doyen. »
L’organiste titulaire M. Albert Le Cloarec assure cette fonction jusqu’en 1972, relayé par un de ses élèves Me Trilha. En 1982, M. Swiderski revoit la composition de l’instrument et un concert est donné par l’abbé Bernès en août 1982. Aujourd’hui, tout en étant titulaire de l’orgue de Castelnau-Magnoac, c’est Me Trilha qui assure bénévolement les offices.