Communauté de Communes Val de Gers

34 communes située au Sud-ouest de la France, dans le département du Gers.

Historique de Masseube

Antiquité

Interview exclusive de René Caïrou
« Il est difficile de faire une étude du peuplement de Masseube, antérieur à l’époque romaine d’une part, Masseube n’existait pas encore, d’autre part les documents manquent totalement. Pourtant, ce peuplement existait pour les deux raisons suivantes. Premièrement, lorsque l’on examine le recensement des haches polies découvertes, on s’aperçoit que ce peuplement existait sur les coteaux qui bordent la vallée du Gers, jamais dans la vallée inondable et envahie par une végétation abondante. Deuxièmement, lorsque les colons romains sont venus installer leurs exploitations au début de notre ère, il a bien fallu qu’ils trouvent sur place une main-d’œuvre pour défricher et cultiver. Cette main-d’œuvre n’était-elle pas celle qui peuplait le pays à la fin de l’âge du fer, dite de la Tène ?

Epoque Gallo-romaine

« En ce qui concerne la période romaine, nous possédons des indications plus précises. M. Caïrou a vu dessinée dans l’herbe d’une prairie de la plaine, une partie du plan d’une villa romaine, reconnaissable à une grande exèdre (construction en demi-cercle) sur laquelle venaient se rattacher des murs. C’était le site Stournès qui n’a jamais été fouillé. Une prospection en surface permet de recueillir quelques tessons de poterie commune datant du début de notre ère. L’existence de cette villa se rattache à une étude faite par Monsieur Lassure sur deux sépultures à inhumations découvertes sur le coteau voisin de la villa. Les deux corps avaient été enterrés avec des vases à offrande en terre à pâte marron. Dans la première sépulture, on a recueilli six monnaies en bronze du IV° siècle et dans la deuxième, deux dents ayant appartenu à un enfant avec quatre autres monnaies en bronze et diverses céramiques. »

Haut Moyen-Age et Moyen-Age

D’après J.M. Lassure, l’occupation plus ou moins importante des ruines de la villa gallo-romaine des Stournès se poursuit avec l’exploitation du domaine qui en dépend.
Au milieu du XI°siècle, deux mottes castrales sont érigées au lieu-dit Stournès, proche de la villa sur les collines de la rive droite du Gers (découverte de poteries, objets en fer, fragment de mur…)
« Il faut arriver au XII° siècle, avec la multiplication des abbayes, pour avoir quelques lueurs sur les origines de Masseube. Le territoire dont Masseube fait partie, appartient alors à l’abbaye de Sère. Or, l’élan de foi suscité par les croisades s’est considérablement atténué et le recrutement des abbayes en pâtit. C’est le cas pour l’abbaye de Sère qui n’a plus assez de bras pour entretenir un vaste domaine qui est de plus en plus envahi par la forêt. Ils sont dans l’obligation de vendre, contre une rente en blé, une partie de leur domaine à une jeune abbaye plus florissante, celle de l’Escaladieu fondée en 1142. Et voilà comment le territoire qui verra naître Masseube, change de propriétaire, fin XII°-début XIII°siècle.
Le territoire acquis, l’abbé de l’Escaladieu, Bonel d’Orieux, envoie des moines convers qui élèvent une grange monastique et mettent le sol en culture après avoir défriché et essarté. À cette communauté de moines vient se joindre une population et une communauté naît connue sous le nom de « Masseoubo ». communauté mentionnée par des dons que lui viennent des Comtes d’Astarac vers 1230 et 1240. D’après Don Brugeles, la grange se serait située au lieu-dit « La Biole », près du cimetière, « car de temps à autre on découvrait des pierres portant en relief des armoiries surmontées d’une crosse abbatiale ». Aucune fouille n’ayant jamais été effectuée, on reste dans l’incertitude.
Comme la mise en culture des terres piétine, mais aussi pour des raisons commerciales (dans une vallée-axe de communication), l’abbé de l’Escaladieu, Bonel d’Orieux et le Comte d’Astarac, Bernard IV font appel à une population éparse en créant par un acte de paréage en 1274, la bastide de Masseube (Mansio Silvae) et en attribuant un lot dans la bastide pour l’habitation, des lots à l’extérieur pour les cultures. On peut voir encore dans certaines maisons de Masseube, la composition du lot attribué : un logement sur la rue, une cour au centre, un jardin derrière. Au début, des coutumes sont attribués aux habitant en 1276, puis 1292 et 1382. ()
Une fois la bastide peuplée, il faut protéger ses biens en l’entourant d’une enceinte fortifiée. Cette enceinte, dont on peut suivre le tracé grâce à quelques témoins qui subsistent encore, est plus restreinte que celle prévue par les paréages. Ces témoins existent principalement sur la face ouest, depuis l’angle S-O jusqu’à l’angle N-O ; ils sont visibles en certains points ; à d’autres endroits, ils servent de murs à des habitations ou à des jardins. Le témoin essentiel, qui peut-être vu depuis la rue, dans la cour attenante au café du foirail, avec son mur dans toute son élévation, avec ses moellons apparents caractéristiques du XIII° siècle, ses trous de boulin pour installer des coursières, ses archères percées dans les merlons et ses créneaux traduisent bien l’architecture militaire du XIII° siècle. On rentre dans la bastide par quatre portes gardées la nuit, situées à l’entrée et à la sortie des deux axes principaux.
Deux bâtiments datent de cette époque : l’église St-Christophe qui a été restaurée à diverses reprises, mais sur les fondations visibles d’une ancienne chapelle vraisemblablement du XIII° siècle et la maison commune, agrandie au XVI° siècle lorsque Masseube achète la juridiction du comté au Comte d’Astarac. Cette dernière abrite toujours le marché en saison ; celui de la volaille se tenait dans les rues voisines et celui au bétail se tenait au foirail, hors des murs (ce foirail existe toujours). Quant au marché au blé, il se tenait sous les auvents entourant le marché (l’un d’eux existe encore). Dans la maison commune siègent les Consuls chargés d’administrer la bastide. Ils ont le souci de l’urbanisation avec les problèmes posés par l’insalubrité et l’insécurité qui nécessite la création d’une Garde municipale.

XIXéme à nos jours

« C’est en 1805 que l’archevêché envoie à Masseube trois religieuses qui louent une maison dans le village « pour l’instruction gratuite de quelques jeunes filles pauvres et l’éducation des jeunes demoiselles ». En 1827, elles reçoivent en don une maison appuyée à l’extérieur du rempart (impasse du couvent). En 1830, la communauté compte 20 religieuses et de nombreuses élèves (leur nombre s’élèvera à 150 en 1863). Trop à l’étroit, elles achètent un terrain route de Panassac, pour y bâtir un couvent plus vaste. En 1832, elles s’installent dans la nouvelle construction qui comprend outre le couvent, une cour, une chapelle, des granges, des remises et des viviers. Mais en 1881 avec la loi Duruy sur l’instruction obligatoire des jeunes filles, les lois de Jules Ferry sur la laïcité, la gratuité, l’obligation scolaire, puis sur l’enseignement professionnel, le recrutement du couvent va péricliter et les religieuses obligées de s’expatrier. À partir de 1970, de sérieuses difficultés obligent la Mère Supérieure à vendre. En 1978, la municipalité se porte acquéreur pour le transformer en Centre socioculturel regroupant tous les services sociaux de Masseube : foyer pour personnes âgées, restaurant social, office de tourisme, bibliothèque, salle de cinéma dans l’ancienne chapelle du couvent et logements sociaux.
Le XIX° siècle connaît la construction d’autres édifices qui seront transformés au XX°siècle. Ils sont situés « extra-muros » :

  • Une halle au blé qui deviendra une salle polyvalente
  • Une halle au tabac, ancienne Halle à la volaille, aménagée en salle de spectacle

Au cours des siècles, la bastide s’est agrandie. On peut voir dans cette évolution trois étapes :

  • Des maisons viennent s’appuyer extérieurement au rempart et ce dernier est incorporé aux maisons et aux jardins.
  • Lors de la traversée de la bastide, empruntant ses deux axes, par la route d’Etigny reliant Auch à la montagne et la route reliant Miélan à Simorre ; des maisons se sont bâties en bordure de ces deux axes, prolongeant la bastide vers le Nord et surtout vers le Sud.
  • À une époque récente, apparition des lotissements qui ont agrandi la bastide sur ses quatre faces.

Ce qui contribue à la vie de la nouvelle agglomération, ce sont les installations sportives qui ont vu le jour : des terrains de tennis, un fronton, des stades de football et de rugby, une piscine moderne, toutes ces installations voisinant avec un terrain de camping agréable et bien aménagées.
En conclusion, la ville ne s’est pas endormie sur son passé, elle a suivi l’évolution moderne de notre société : agrandissement, embellissement, modernisation. C’est pour toutes ces raisons que Masseube, chef-lieu de canton, figure parmi les plus belles cités de l’Astarac : sa population de 1391 habitants en faisant foi. »